Chère Marion,
Je sais que tu es censée demeurer baignée par l’ondée anglophone, mais en ce moment, le français me vient, alors que veux-tu, it will be French, so French.
Elle m’a fait plaisiiiir, trrrrès grrrrand plaisir, ta missive, ton email, que dis-je, ta carte postale polaroid de mots instantanés pour partager, à l’instant T, tes pensées, tes sensations, tes doutes et tes convictions… Ca m’inspire des élans poétiques, comme tu vois. Lundi matin, matin vaurien, matin prêt à tout, et surtout à rattraper le cours de mon courrier en retard, perdu dans le hasard des douze projets qui me prennent tout mon temps gagné ! Bon, j’arrête là les vocalises verbales, mais tu sais, quand je prends mon élan poétique, le temps suspend ma course. Ha !
Enfin, tout ça pour t’écrire que c’est bien mérité ce qui t’arrive, l’amour, la reconnaissance, les défis à relever, le soi à fouiller sans ménagement (le genre d’expression que j’affectionne particulièrement dans un autre genre littéraire que mes aventures épistolaires, et qui n’a rien à faire ici, mais je ne résiste pas), ou avec beaucoup d’égard, donc, pour trouver la facette qui va convenir au personnage.
Alors c’est vrai que Chicago, c’est bien joli, New York, ça déchire, mais le plaisir du temps intime avec toi ici, je l’attends avec enthousiasme, en battant des mains rien qu’à l’idée. Yay yay yay.
Quant à moi, c’est art contemporain, rencontres humaines qui scotchent, projets en pagaille, pas de temps pour écrire, rock attitude dans le bon sens du terme, évolution quotidienne dans mon rôle de mère qui voit son miracle de fille éclore comme une fleur nouvelle à chaque instant, et questions existentielles quand même quant à ma nature et à mes fonctions de femme, parce qu’on ne se refait pas, merde quoi.
Mais je m’éclate. Je deviens meilleure. Je cherche la magie un peu tous les jours. Un peu plus toujours.
Comme l’amour.
A très vite, Marion bellissima.
Mad Love, always,
MND